Le Printemps

Le Printemps, un succès à la française

Salut à tous,

Si vous aimez la mode, alors  le Printemps sera un peu votre Eden. Car oui, se balader dans ce grand magasin revient à gravir le mont Olympe à la rencontre des dieux de la classe, du bon goût et de l’élégance.

J’en fais trop me direz vous… J’en conviens, mais il faut reconnaître que cette chaine a marqué l’histoire de la mode en apparaissant comme révolutionnaire, dans une société de consommation en plein changement. Après plus de 150 années d’existence, retour sur ce succès à la française !

La création d’un temple

Le Printemps est crée le 11 mai 1865 par Jules Jaluzot et Jean-Alfred Duclos à proximité de la gare Saint-Lazare, dans un secteur encore en friche mais promettant une attraction importante. Le Printemps naît du succès rencontré par les grands magasins au début du 19ème siècle. En effet, nouveau mode de consommation, ces vastes étendues aux comptoirs multiples assurent aux consommateurs un choix large.

Le premier magasin sera inauguré le 3 novembre 1865 au coin de la rue du Havre et du Boulevard Haussmann. Son succès est tel que l’architecture du lieu ne cessera de se sublimer, au point d’être présenté aux expositions universelles de 1867 et 1878. Mais l’incendie qui ravage une partie du bâtiment en 1881 oblige le Printemps à se réinventer. Jaluzot engage alors l’architecte Paul Sédille pour la réalisation du nouveau monument commercial. La construction prendra rapidement une dimension démesurée avec des procédés ingénieux. On découvre à l’intérieur une nef centrale ainsi que des galeries reliées par un pont central accessible par un grand escalier. Le Printemps est même le 1er grand magasin à s’équiper d’un système d’éclairage électrique.

Le Printemps

Mais le Printemps n’est pas qu’un lieu. Alors que la société vit au rythme des avancées technologiques, on assiste également à une évolution des mentalités sur le plan commercial : fini le marchandage, ici le prix fixe prime. Le grand magasin instaure également les soldes en y vendant à prix réduit les tissus défraichis, à la fin de chaque saison. Le Printemps développe même des marques propres au magasin, dont une de tissu, reconnaissable à son liséré bleu et blanc.
Le Printemps dévient rapidement un fleuron de créativité. Parfums, accessoires, confection féminine et masculine, la beauté et la mode prennent de plus en plus d’espace et l’enseigne se voit représenter par de grandes figures de l’époque telle que Madame Barutel, couturière reconnue à Paris, qui inaugurera son nouvel atelier de création en ces lieux en 1882.

Un développement des plus élégants

Au début des années 1900, le Printemps connaît une crise économique importante aboutissant à la démission de Jules Jaluzot. Ce dernier est remplacé par Gustave Laguionie qui donne au magasin un second souffle en faisant ériger un deuxième batiment (l’actuel magasin Printemps Haussmann) par la main du talentueux architecte René Binet. Ce nouveau magasin à l’architecture époustouflante est inauguré en avril 1910. Doté d’une coupole qui éclaire un grand hall de 42 mètres de hauteur, l’idée est d’assurer un espace suffisant pour rendre visible un maximum de marchandises. Son escalier central à quatre révolutions et d’inspiration Art Nouveau est aussi fonctionnel que décoratif et renforce davantage l’esthétique du lieu.

En 1910, Le Printemps ne cesse d’innover et de bousculer les codes. Il inaugure un salon de thé, premier du genre à Paris. Il s’agit d’un lieu de socialisation et d’échanges qui s’accompagne d’un salon de correspondance où les consommatrices de l’époque pouvaient lire la presse et tuer le temps entre deux achats. En 1913, le Printemps se développe en créant l’atelier d’art Primavera créé par René Guilleré.

fra02_primavera_01f.jpg

Spécialisé dans les tendances de l’art décoratif, il présente des meubles et d’autres objets aux lignes épurées qui connaissent un franc succès. Ce concept d’atelier d’art de grand magasin sera rapidement imité par la concurrence directe telle que les Galleries Lafayettes.
C’est donc sans surprise aucune que le Printemps s’impose comme le temps du chic et communique largement auprès du grand public. Avec son nouveau slogan « toute femme élégante est cliente du Printemps », ses opérations de communication telles que l’exposition annuelle de linge de maison du Printemps et ses nombreux ateliers de création, le Printemps confirme l’excellence de ses marques propres et impose son envergure.

Cependant, alors que la fin de la guerre assurait au grand magasin un regain d’activité, le Printemps se voit de nouveau au coeur de nouvelles crises. En effet, en 1920, le magasin perd son PDG Mr.Laguionie, remplacé par son fils, Pierre Laguionie. Une année plus tard, c’est un nouvel incendie qui se déclare, ne laissant que quelques structures intactes. Un chantier de reconstruction s’organise donc et aboutit au prolongement du magasin. Malgré ces difficultés, le Printemps ne cesse de s’agrandir et l’évolution du réseau de métro facilite davantage son accès.

A cette époque apparaissent également de nombreuses avancées dans l’entreprise ayant pour objectif d’améliorer son administration ainsi que le quotidien de ses employés. En 1927 paraît Printania, l’un des premiers journaux d’entreprise dont le but est d’informer le personnel de l’actualité du Printemps. Des cours professionnels leur sont également proposés. Un bureau d’études est même créé en 1928 pour faciliter toute cette organisation. En 1929, le Printemps lance la SAPAC (Société Parisienne d’Achats en Commun) qui réunit des acheteurs spécialisés et dont le but est de diminuer les frais généraux et d’accélérer la sélection des produits à vendre. Bref, l’entreprise s’organise face à un succès toujours plus important.

Dans les années 1930, le couturier Paul Poiret fait défiler sa collection exclusive pour le Printemps. Dans le même temps, le grand magasin s’associe au dandy George Brummell et invente le prêt-à-porter masculin, commercialisé dans un troisième magasin. Pour l’histoire, il faudra attendre 1952 pour que le nom Brummell soit associé à l’ensemble du magasin pour homme. En plus d’être le seul grand magasin à consacrer tout un espace pour l’homme, Brummell va plus loin en mettant en place un service de costume prêt-à-porter à une époque où il fallait encore aller chez le tailleur. Respect mec!

C’est également à cette date que le Printemps se remet de la crise traversée lors de la 2nde guerre mondiale. Au cours des années 50-60, il s’agrandit et sa structure originelle évolue. Il ne restera que la magnifique coupole construite en 1923 par le maître verrier Briere.

Le Printemps innove à nouveau en lançant en 1958 le nouveau service « listes de mariage » faisant de nombreux heureux. Son partenariat en 1962 avec le célèbre couturier Pierre Cardin en présentant 15 modèles de sa collection. Cette collaboration assure une révolution dans le monde de la mode et permet aux fashionistas de l’époque d’accéder à de la haute couture à petit prix !

2d5642e48fd7a7dcb97c523ce58a1a29.jpg

Une image de marque toujours luxueuse

Dans les années 70, alors que la France est frappée par la crise pétrolière et l’augmentation du chômage, les ventes des magasins haut de gamme se voit impactées et dégringolent dangereusement. Cependant, le Printemps réussit à se relever et paufine son image de marque au travers d’opérations percutantes : En 1972, il lance les vitrines animées ( qui attirent aujourd’hui plusieurs millions de personnes chaque année), et restaure sa célèbre coupole. En 1975 est lancée la Boutique Noire, dédiée aux cadeaux de Noël. Cette même année, la façade du Printemps Beauté-Maison s’inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

Dans les années 1980, Le Printemps s’ouvre au monde en mettant en place diverses expositions thématiques et culturelles, défendant l’art et le rêve pour tous. Le magasin ouvre également des succursales jusqu’au Japon en passant par Istanbul, Djeddah, Dubaï, Singapour, et Kuala Lumpur.

C’est en 1991 que François Pinault acquiert le Printemps, enrichissant son groupe Pinault-Printemps-Reoute aujourd’hui connu sous le nom PPR. Le Printemps se concentre désormais sur 5 univers forts : la Beauté, l’Art de vivre, la Mode, les Accessoires et l’Homme. En 1997, un étage Luxe est créé au magasin Haussman, rassemblant les marques les plus prestigieuses du monde du luxe. En 1998, Christian Lacroix signe des robes de mariées pour le Printemps

Les années 2000 voient se multiplier les activités, avec l’ouverture de la Boutique Printemps Design au Centre Georges Pompidou à Beaubourg, et l’intégration d’un pôle sport regroupant les enseignes Made in Sport et Citadium.

En 2006, le groupe PPR cède le Printemps à la RREEF, associée au Groupe italien Borletti. Et qui dit nouveau PDG dit nouvelle dynamique pour le Printemps, qui réoriente son image vers le luxe en recrutant Stephen Gan. Fondateur de l’agence Dream Project, Stephen Gan a collaboré avec les plus grandes marques de luxe telles que Dior, Dior Homme, Fendi ou Missoni… Il est également à l’origine du  changement de ton des campagnes Adidas originals « Celebrate Originality ». Bref, son CV n’est plus à prouver et cet artiste va assurer un véritable virage dans la communication du groupe Printemps. On notera entre autres ses campagnes d’affichage de 2014 mettant en scène le top-modèle Eva Erzigova habillée en Prada par la styliste Carine Roitfeld, ou encore celle de 2012 présentant les modèles Carolyn Murphy et Sui He by, habillées en Dior. Ces campagnes ramènent le luxe et le bon goût au premier plan, renouant le Printemps avec son succès d’autrefois.

Depuis, le Printemps ne cesse de développer sa notoriété à l’échelle mondiale au travers de collections élégantes, de partenariats audacieux et de campagnes publicitaires efficaces. Sur les réseaux sociaux, la marque reste très active auprès de ses nombreux fans.
Contrairement aux Galleries Lafayettes, Le Printemps a parfaitement réussi son virage digital en rachetant le pur player « Place des Tendances ». Un choix judicieux, pour le groupe qui ne cesse d’additionner ses canaux de distribution afin de répondre à une demande toujours plus grandissante.

Bref, le grand magasin continue d’être bercé par la grâce des dieux. Antre du raffinement, le Printemps c’est aujourd’hui 2 500 marques, 1 million de références produits et plus de 50 millions de visiteurs par an sur l’ensemble de ses magasins. Au temps vous dire que ce paradis du vêtement n’est pas prêt de disparaître et, on l’espère, continuera à danser avec les étoiles durant les 150 prochaines années. AMEN!

PS: Il n’était pas possible de finir cet article sans mentionner la magnifique terrasse du Printemps Haussmann. On adore!

Bonne journée à tous et à très vite pour un nouvel article 😉

 

Une réflexion sur “Le Printemps, un succès à la française

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s